Générations Y et Z : comment travailler avec des jeunes qui ont entre 18 et 30 ans ?


Nous le savons : les jeunes qui ont entre 18 et 30 ans ont une façon de travailler radicalement différente des générations précédentes.

Horaires, multitasking, équilibre vie professionnelle / vie privée, management, autant de questions qui demandent des réponses, ou plus humblement des pistes de réflexion. Car, quoi qu’il en soit, ce sont eux qui ont raison. Voici pourquoi.

Pourquoi ils ont raison, quoiqu’on en pense…

Parce que l’avenir, ce sont les jeunes. Au-delà de l’évidence, les générations actuelles de jeunes de 18 à 30 ans, ainsi que les générations qui vont suivre, sont le vivier dans lequel les entreprises piochent (et piocheront) pour « satisfaire leurs besoins » en Ressources Humaines.

Donc, que l’on soit d’accord ou pas, c’est aux générations précédentes (baby-boomers nés entre 1945 et 1960, et génération X nés entre 1960 et 1980) de s’adapter aux jeunes générations (génération Y, nés entre 1980 et 1995, et génération Z, nés après 1995), et non l’inverse.

Travailler avec des jeunes : un monde d’opportunités

Idées nouvelles, démarches à contre-courant, innovations numériques, sociales, ou managériales, réseaux sociaux, économies collaborative et de partage, changement climatique, autant de domaines pour lesquelles les habitudes de travail (et de consommation) sont littéralement chamboulées. Et alors ? N’est-ce pas bénéfique pour l’entreprise et pour ses clients ? Bien sûr que si !

Comme le dit Emmanuelle Duez sur le site Challenges.fr :

« Et oui… mais les temps ont changé. Le pourquoi prime désormais sur le comment, l’exemplarité sur le statutaire, la flexibilité sur le confort et l’ambition de s’épanouir sur celle de réussir.

 

Cette jeune génération sait pertinemment que personne ne l’attend. Elle sait que l’entreprise ne pourra pas lui offrir ce qu’elle avait promis à ses parents : le confort psychologique et matériel de se projeter sur le long terme. Bébé de la précarité, elle sait qu’elle devra apprendre à rebondir plutôt qu’à approfondir.

 

L’ambition professionnelle a changé. Plutôt qu’aller haut et vite j’irai à coté, je cumulerai les expériences de vie aussi différentes soient-elles, pourvu que je « kiffe » intensément, je construirai un chemin de ces boules multicolores et en ferai une histoire qui aura du sens : le mien. Je serai entrepreneur de ma vie professionnelle. »

La preuve ? Aux USA, pour la première fois depuis que le marché du travail existe, le nombre de personnes en freelance est supérieur au nombre de CDI…

Les horaires de travail

« Mon grand-père a fait le même travail toute sa vie, mon père a eu sept emplois différents au long de sa carrière, et moi j’ai sept emplois en même temps. » Tel pourrait être l’adage de cette génération de jeunes de 18 à 30 ans.

La journée de travail classique « 9h-12h / 14h-18h » est-elle à conjuguer au passé ? Il semblerait bien que oui. D’après RégionJob, c’est la journée complète qui est en train de se ré-inventer autour d’un noyau central : pourquoi cloisonner vie professionnelle et vie privée, alors qu’il s’agit bien d’un seul et même individu ?

Voici deux graphiques qui permettent de mieux comprendre l’organisation d’une journée, selon qu’on appartienne à la génération des baby-boomers / X, ou des générations Y / Z :

Journee-travail-generationX

La journée traditionnelle des générations baby-boomer et X.

Journee-travail-GenerationY-Z

La journée non-conventionnelle des générations Y et Z.

Comme on peut le voir, les jeunes de 18 à 30 ans passent du travail au loisir, du loisir au travail, ils échangent avec leurs amis, répondent à leurs mails perso au boulot, répondent à un client sur le canapé, font des achats en ligne ou réservent leurs prochaines vacances, tout en travaillant. Les loisirs et le travail s’en retrouvent morcelés, mais élargis au-delà des horaires normaux : travail le soir, travail la nuit, ou tôt le matin. Les jeunes sont capables de bosser n’importe où et n’importe quand.

Multitasking, ou comment font-ils pour zapper autant ?

Les études scientifiques l’ont montré : au-delà de 18 minutes consécutives, n’importe quel individu, jeune ou âgé, perd son attention, sa faculté de concentration sur un sujet unique. Pourquoi croyez-vous que la durée des conférences TEDx est limitée à 18 minutes, alors qu’encore bon nombre de conférences traditionnelles (et soporifiques) durent souvent plus d’1h30 / 2h00 ?

On a souvent pensé que les femmes étaient capables de faire plusieurs choses à la fois, et que les hommes non. On sait désormais que c’est faux. Par contre, ce qui est vrai, c’est que les femmes ont une faculté et une qualité de zappping qui est supérieure à celles des hommes. Et il en va de même avec nos générations Y et Z. Pourquoi s’en priver ? C’est un verre à moitié plein, et non à moitié vide…

Travailler avec des jeunes ? Le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Travailler avec des jeunes ? Le verre à moitié vide ou à moitié plein ? Crédit photo : Jon.

Équilibre vie pro / vie perso

Les attentes de ce côté-là ont également changé. Pour un individu de la génération 18-30 ans, on veille à l’équilibre vie professionnelle / vie privée………en le déséquilibrant volontairement !

Ce qui est important désormais, c’est de faire les choses avec passion, que ce soit pour son activité professionnelle, ou pour ses loisirs. Le monde est interconnecté, les journées sont interconnectées, pourquoi la vie (personnelle et professionnelle) ne le serait pas ? Enfants de la précarité, la génération Y, et c’est encore plus valable pour la génération Z, souhaite profiter de la vie au sens général du terme, c’est-à-dire vie privée ET vie professionnelle. Il est terminé le temps où on acceptait de sacrifier 8 heures par jour pour une tâche déplaisante…

Management : comment gérer des jeunes ingérables ?

Il est certain que si on emploie les techniques de management traditionnel, entendons par là… :

  • respect strict des horaires
  • récompenses / sanctions
  • rapports hiérarchiques verticaux
  • vie privée strictement en dehors de la sphère professionnelle
  • etc.

…il va être compliqué de gérer des jeunes qui, par définition, font le job sur un mode « donnant / donnant ». Or le « donnant / donnant » d’hier n’est plus le même « donnant / donnant » qu’aujourd’hui. Avant, on entendait par « donnant / donnant » : « travail à faire / salaire à la fin du mois ». Aujourd’hui, ce sont ces valeurs qui priment et qui attendent une réponse de la part des managers traditionnels :

  • le pourquoi, au lieu du comment
  • l’exemplarité, au lieu du statut
  • la flexibilité, au lieu du confort
  • s’épanourir, au lieu de réussir
  • rebondir, au lieu d’appronfondir
  • un pas de côté, au lieu d’un pas vers le haut
Le management traditionnel risque de ne pas fonctionner avec les générations Y et Z...

Le management traditionnel risque de ne pas fonctionner avec les générations Y et Z… Crédit photo : Hartwig HD.

Et concrètement on fait quoi ?

Étant donnée la « problématique », la réponse n’est pas simple. Plus que des réponses, des pistes de réflexion sont à explorer et à tester. Dans le désordre :

  • décloisonner les horaires fixes
  • prendre le temps d’expliquer le « pourquoi »
  • instaurer une vision commune
  • réfléchir en mode « projets »
  • favoriser le télétravail
  • être exemplaire / faire preuve de justice
  • récompenser les actes de bienveillance entre les individus et entre les équipes
  • laisser le choix au collaborateur de son téléphone, de son ordinateur, de sa tablette, de son bureau, etc.
  • faire confiance à la qualité de réflexion et de décision de l’individu
  • connaître les vrais points d’épanouissement de l’individu (autres que le salaire)
  • jouer sur les multi-compétences de chacun
  • travailler en équipes multi-disciplinaires en décloisonnant les fonctions
  • encourager à s’investir dans une association ou un projet personnel
  • etc.

Conclusion

Gagner 3000€ par mois et être malheureux, ou gagner 2000€ par mois en étant épanoui ? Travailler 35 heures par semaine en attendant le week-end, les vacances, et la retraite ? Ou ne pas trop savoir le nombre d’heures qu’on fait parce qu’on est heureux et que ça nous « éclate » ? Rouler seul dans une grosse et puissante voiture, ou rencontrer des gens grâce à l’auto-partage ?

 

Tels sont les enjeux et les différences générationnelles auxquelles on assiste de plus en plus. Né en 1979, j’ai la chance de côtoyer aussi bien des personnes des générations précédentes, que des personnes plus jeunes. Ainsi, c’est une chance de pouvoir comprendre ET les inquiétudes des plus anciens, ET les aspirations des plus jeunes, ET vice-versa.

 

Car finalement, on peut se poser la question : les générations précédentes aspirent peut-être, elles aussi, à tester les pistes proposées ci-dessus ?!

 

Cordialement, Nicolas Fougerousse

Générations Y et Z : comment travailler avec eux. Crédit photo : Steph.O

Générations Y et Z : comment travailler avec eux. Crédit photo : Steph.O

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Comment travailler avec des jeunes qui ont entre 18 et 30 ans ?

Sources d’inspiration :

http://www.blog-emploi.com/journee-travail-generations-x-y-z

http://www.challenges.fr/economie/positive-economy-forum/20150916.CHA9433/comment-les-generations-y-et-z-voient-le-monde-de-l-entreprise.html

http://www.blog-emploi.com/generation-z-vision-entreprise

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