Comment réussir son discours, son speech, en public ?


Discours de présentation d’entreprise, keynote à la façon de Steve Jobs, présentations PowerPoint, discours de mariage, discours de départ à la retraite, discours de pot de départ, elevator pitch, speed dating, réunions, savoir parler en public peut s’improviser…………. ou pas ! Voici 10 étapes à suivre scrupuleusement pour être certain(e) de réussir son discours ou sa présentation : c’est-à-dire avec émotion et réflexion.

 

Est-ce que vous aussi, vous avez déjà ressenti l’une de ces sensations bizarres (voire franchement désagréables) face un public :

  • « j’ai mal au ventre, je suis stressé, j’ai chaud, bref je me sens pas très bien là… »
  • « allez, j’ai la tchatche, j’improvise, ça va bien se passer, enfin j’espère… »
  • « j’espère que j’aurai pas un problème technique, sinon c’est la cata… »
  • « je me sens ridicule : je ne bouge pas assez, j’articule pas bien, j’ai l’impression de réciter… »
  • « ah ben non, ils ont pas aimé ma blague… »
  • « pourquoi j’ai l’impression d’être à côté de la plaque, de parler dans le vide…? »
  • « je les ennuie, c’est sûr, y’en a même ils commencent à bailler… »
  • « ça y est, c’est foutu, ils commence à parler entre eux, ou ils regardent leur smartphone… »
  • « Euh….pourquoi ils applaudissent pas…? »

Voici une méthode (infaillible si elle est correctement préparée et répétée encore et encore…), issue des meilleures pratiques observées en prise de parole en public (shows à l’américaine, discours de Steve Jobs, conférences TEDx, etc.). Vous êtes prêt(e) ?


Je peux vous raconter une histoire d’abord ?

Décor : embauché depuis peu dans une entreprise en tant que « Homme à tout faire en bleu de travail », vous devez vous présenter à une collègue qui ne vous connait pas encore, le temps d’un trajet d’ascenseur.

Message à faire passer : votre fonction d’homme-à-tout-faire est plus importante que celle du PDG.

Interlocutrice : jolie, propre sur elle, bien habillée, vêtements de marque, un peu hautaine. Vous avez repéré la marque de son sac à main : c’est un Longchamp.

L’histoire :

  • J’adooooore votre sac à main ! C’est un Longchamp, c’est ça ?
  • Euh….oui ?!, dit-elle tout interloquée à la vue de ce gars un peu rustre en bleu de travail…
  • Je vous demande ça, parce que ça me fait penser à une personne que j’ai aidée il y a trois jours. D’après elle, ça lui a « sauvé la vie » !
  • Ah oui ?
  • Oui, c’était lundi matin, il était 8H50 précisément. Je vous dis ça parce que ça a son importance, vous allez voir. Je venais de terminer de réparer un store. Dans le couloir devant moi, devant la porte de la salle de réunion, vous savez, la grande où on reçoit les invités de marque, eh bien j’aperçois une femme qui était en train de s’énerver contre son sac à main. Elle me voit arriver en bleu de travail, je lui demande ce qui la stresse. Elle me regarde à peine, un peu de haut, et me dit : « c’est juste la fermeture éclair de mon sac à main qui est coincée… ». Je lui demande en quoi c’est problématique, et là, elle me dit qu’elle « a rendez-vous dans 10 minutes avec Monsieur Martin, le PDG de notre entreprise, accompagné de notre plus gros client. S’ils arrivent maintenant, je suis morte. » À ce moment-là, je regarde au fond du couloir, et qui est-ce que je vois arriver ?
  • Le patron et son client !
  • Bingo ! Alors je lui demande si je peux regarder la fermeture de son sac. Elle hésite, puis elle me le donne. Et là, je vois qu’un petit grain de sable gêne l’ouverture de la fermeture éclair. Je retourne le sac, j’actionne la fermeture éclair, et hop ! Elle s’ouvre ! Bon manque de chance, j’ai fait tomber la fameuse clé de la salle de réunion et……………. une serviette hygiénique………… Je savais plus où me mettre…….vous imaginez ?!
  • Oui, oui, je vois bien !, dit-elle en souriant.
  • Et vous savez quoi ? Son sac à main, c’était un Longchamp, comme vous ! Alors si un jour je peux modestement vous sauvez la vie, ce sera avec plaisir…!
  • Et comment je peux vous joindre ? dit-elle…

Conclusion de l’histoire : étonnamment, cet exercice de devoir se présenter à une seule personne en un temps très court est beaucoup plus difficile qu’une prise de parole en public sur un laps de temps plus long. Ouf ! Voyons en quoi.

 

Sac-Longchamp

Crédit photo : Longchamp.


Structurer son discours en 10 étapes

Parce qu’il est (beaucoup) plus facile de faire 10 mètres à pieds en 10 pas qu’en un seul, il est également beaucoup plus facile de faire un discours si on sait qu’il est composé de 10 étapes :

  1. Quel est LE message à transmettre ?
  2. Identifier l’interlocuteur à qui on parle
  3. Briser la glace avec une phrase d’accroche
  4. Poser la problématique
  5. Raconter une histoire
  6. Enrichir d’exemples, d’anecdotes, ou de chiffres
  7. Utiliser l’humour et l’émotion
  8. Répondre à la problématique
  9. Soigner la dernière phrase, le dernier geste
  10. L’erreur est humaine, profitons-en !

1. Quel est LE message qu’on veut transmettre ?

Pas 2, ni 5, mais 1 : 1 seul message à transmettre. 1 objectif. 1 but. N’oublions pas : 1 discours = 1 message. Et nous allons voir que c’est déjà beaucoup.

Pourquoi ? Parce qu’il est difficile de rester concentré sur 1 seule chose à la fois ! Donc, qu’est-ce qu’un discours réussi ? C’est un discours qui doit pouvoir être résumé en 1 phrase. Oui, une seule.

Notre public, à la fin, ne doit garder qu’une seule phrase en tête, qu’il pourra ensuite noter dans un carnet, afficher en note sur son smartphone, répéter à quelqu’un d’autre, etc.

Un bon moyen d’y parvenir ? Twitter. En 140 signes, quel est le message qu’on veut transmettre ? Si possible, ce message devra tendre vers une émotion, si on veut qu’il soit retenu. Il devra également être universel si on veut qu’il soit plus qu’une simple auto-promotion…

Si on n’y arrive pas, ce n’est pas grave. Passons au point suivant. Puis lorsqu’on en sera au point n°4, on reviendra sur ce point n°1…

« Et vous, quel est votre message en 1 phrase, votre slogan, votre tweet en 140 signes ? »


2. Identifier l’interlocuteur à qui on parle

On ne s’adressera pas forcément de la même façon si on parle aux salariés de son entreprise, ou si on parle à un public d’experts qu’on ne connaît pas. Quoique, parfois rien de tel que de surprendre son interlocuteur parce qu’il ou elle ne vous attend pas là où il le pensait !

À qui s’adresse-t-on ? Le but est d’identifier le niveau de connaissances de son public. Selon, est-ce qu’on va rester en surface dans une démarche d’initiation et de vulgarisation, ou au contraire entrer en profondeur en donnant beaucoup de détails et de technicité ?

Bien connaître son public permettra d’adapter la familiarité du ton et l’image qu’on souhaite donner. Par défaut, on composera son discours comme si on devait l’expliquer à un enfant de 6 ans ou à un senior de 80 ans.

« Et vous, à qui parlez-vous ? »


3. Briser la glace par une phrase d’accroche

Un maître-mot : ce n’est pas le moment d’improviser ! Au contraire, cette première phrase, il faut la connaître par coeur. C’est ce qui déterminera le bon déroulement de la suite des événements. Si le démarrage est parfait, notre interlocuteur acceptera d’écouter la suite.

Ok. Et concrètement, on dit quoi ? 5 exemples :

  • un fait d’actualité (ex : « vous saviez que…? »)
  • une anecdote personnelle (ex : « quand j’étais petit, ma mère me disait souvent… »)
  • une citation (ex : « ce matin, j’ai lu une citation qui disait… »)
  • une statistique (ex : « il paraît que 30% des… »)
  • une question (ex : d’après vous, quel est le…? »)

Il y a une quantité infinie de phrases d’accroche possibles. Il faudra en choisir une qui a un impact fort sur notre public : lui apprendre quelque chose de nouveau, ou le faire rire, ou qu’il ressente de la compassion, par exemple.

« Et vous, quelle va être votre phrase d’accroche ? »

 

Aimez votre public, et le public vous aimera. Crédit photo : IceBbreaker.

Aimez votre public, et le public vous aimera. Crédit photo : Ice breaker.


4. Poser la problématique

Imaginons. On est en train de lire le premier chapitre d’un roman policier ou d’un thriller. L’auteur fait monter le suspense petit à petit, et là, tchak ! À la fin du chapitre, on meurt d’envie de connaître la suite…

Pourquoi ? Parce que la problématique a été posée : qui a assassiné cette fille dont parle l’auteur dans ce premier chapitre ? On n’a qu’une seule envie : le savoir ! Autrement, connaître le déroulement de l’intrigue. C’est exactement pareil quand on veut réussir son discours.

Quel problème résoudre ? Quelle solution allons-nous pouvoir apporter ? Et est-ce que cette solution ne deviendrait pas (par hasard) LE message qu’on souhaite délivrer ? 🙂

« Et vous, quelle est LA problématique que vous allez résoudre ? »


5. Raconter une histoire

Inutile de commencer par « Il était une fois… », rassurons-nous. Par contre, il est avéré que les histoires qu’on nous raconte (le soir avant de dormir quand on était petit, ou l’histoire qu’on suit dans un film ou dans un livre, etc.) sont souvent le meilleur moyen de retenir un message.

Pourquoi ? Parce qu’avant l’écriture, il n’y avait que l’oral. Les histoires se transmettaient oralement, c’est un fait. Et cela dure depuis des centaines de milliers d’années…

Oui, mais comment on raconte une histoire ? Eh bien on a déjà fait la moitié du chemin en fait ! Parce qu’en sachant quel va être le message qu’on veut délivrer, à qui, en connaissant déjà sa phrase d’accroche, et la problématique qu’on veut résoudre, on a déjà écrit la moitié de l’histoire…

« On continue ? 🙂 »


6. Enrichir d’exemple, d’anecdotes, ou de chiffres…

Nous voulons transmettre 1 message, résoudre 1 problématique. Alors servons-nous d’1 exemple, ou d’1 anecdote, ou d’1 chiffre.

Cela permettra d’étayer notre message, et c’est souvent un exemple, ou une anecdote, ou un chiffre, qui seront retenus par notre interlocuteur.

« Et vous, quel exemple, quelle anecdote, ou quel chiffre, pouvez-vous donner pour illustrer votre message ? »

 

Un chiffre peut parfois illustrer votre discours. Il est également facilement mémorable. Crédit photo : Apple.

Un chiffre peut parfois illustrer votre discours. Il est également facilement mémorisable. Crédit photo : Apple.


7. Utiliser l’humour et/ou les émotions

Qui n’a jamais envié ce copain qui, lui, savait faire rire les autres ? Sans tomber dans la jalousie, à défaut de savoir être drôle, on peut toujours essayer de susciter une émotion chez son interlocuteur.

Nous n’avons pas dit « larme à l’oeil », mais « émotion ». Sourire, tendresse, colère, peur, nostalgie, joie, tristesse, surprise, remords, voici quelques unes des différentes émotions, des différents registres qu’on peut utiliser pour que notre interlocuteur se souvienne de nous.

« Et vous, quelle émotion allez-vous choisir ? »


8. Répondre à la problématique

Allez, on ne se relâche pas ! On est toujours dans notre discours. On va bientôt arriver à la fin, et il est désormais temps de répondre à la problématique posée au point n°4.

Parce que nous nous sommes posés la question de cette problématique, et du message qu’on souhaite délivrer, alors il n’y a rien de plus facile maintenant que de répondre à la problématique ! Toujours en 1 phrase hein…

« Et vous, quel est le dénouement de votre intrigue ? »


9. Soigner la dernière phrase, le dernier geste

Tout comme la première phrase d’accroche, le geste (ou la phrase) de conclusion est encore plus important(e). Et il faudra également l’apprendre par coeur si on ne veut pas tout gâcher…

En répondant à la problématique (voir ci-dessus), nous venons déjà de donner la première moitié de la conclusion. Surpris(e) ? 🙂

Pour la deuxième moitié, nous vous laissons le soin de la créer vous-même (en vous servant des points déjà évoqués par exemple. Au hasard: émotions ? Chiffre ? Citation ? Anecdote ? Geste ?).

« Et vous, quelle est la dernière phrase qui va conclure votre discours ? Quel va être votre « call to action » ?


10. L’erreur est humaine, profitons-en !

Et voilà la dixième composante qu’il ne faut pas oublier : le charme de l’erreur, le charme du défaut.

De la sincérité, de la pudeur, de l’humilité, mais de l’assurance.
En d’autres termes, mieux vaut rougir (un peu) aux yeux de son interlocuteur, plutôt que de paraître trop présomptueux. Parce que personne n’est parfait (c’est pareil pour votre interlocuteur), personne ne pourra vous faire ce reproche du charme de l’erreur, du charme du défaut.

« Et vous, quel défaut naturel pouvez-vous mettre en avant ? »

 

Personne n'est parfait ! Crédit photo : Meetic.

Personne n’est parfait ! Crédit photo : Meetic.


Conclusion

« Suivez ces 10 étapes, travaillez-les, re-travaillez-les, encore et encore, simplifiez, encore et encore, puis entraînez-vous, encore et encore. Enfin, testez auprès d’une amie, d’un membre de votre famille, ou d’un collègue de bureau. Et soyez attentif aux réactions. Puis re-travaillez, simplifiez, etc.

 

Votre discours sera réussi s’il est clair et concis, si votre élocution est lente mais dynamique, et si votre message à faire passer est simple à retenir parce qu’il aura suscité une émotion.

 

Un discours doit généralement durer moins de 15 minutes, maximum. S’il est parfait, votre public en voudra plus : tant mieux ! Mieux vaut partir avec l’envie d’en savoir plus, que le contraire… Au-delà de 15 minutes (max), on perd la faculté d’attention de son public.

 

C’est un exercice difficile, mais qui vaut vraiment la peine d’être réalisé. »
Cordialement, Nicolas Fougerousse


One more thing…

Nous ne pouvions terminer cet article sans un exemple de discours. Regardez, écoutez, notez, étudiez comment l’intervenant ci-dessous a travaillé à merveille les 10 étapes ci-dessus. Bon visionnage !

 


Vous souhaitez aller plus loin ? Je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage de Michel Lévy-Provençal, fondateur des conférences TEDx Paris :
http://www.pearson.fr/livre/?GCOI=27440100372310

Brightness


Vous retrouverez également cette méthode décrite dans un autre article rédigé précédemment pour l’un de mes clients :
http://reactiveandco.com/recherche-emploi-9-etapes-pour-reussir-elevator-pitch-discours


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Comment réussir son discours, son speech, en public ?

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